Parce qu'on ne part pas en montagne avec un inconnu, quelques informations personnelles...

J'exerce à plein temps le métier de guide de Haute-Montagne depuis 2001.

Pourquoi la montagne ?

Je suis né à Dijon en 1970, de père chercheur, de mère professeur : rien ne me prédisposait au métier de guide. J'attribue mon attirance vers la montagne à 3 raisons principales, qui déterminent également ma pratique professionnelle :

- Les vacances en montagne de ma jeunesse. Dès 5 ans dans le Queyras pour l'été, puis à l'adolescence, avec des parents qui, s'ils ne sont pas alpinistes, aiment à marcher en montagne, j'ai apprécié tout de suite l'aspect brut de cet environnement, où les contraintes finalement se résument très bien. De plus mon père a une sorte de culture montagnarde issue de l'après-guerre, il m'a vite appris qui étaient Rebuffat, Terray et Lachenal.

- Le goût de l'effort physique : quel que soit son niveau, l'effort en montagne est très gratifiant, il nous fait nous élever, on peut se rendre compte réellement du chemin parcouru. Étant plutôt sec et maigre, j'ai naturellement préféré pratiquer un sport d'endurance et de souffle, qu'un sport où la puissance est prépondérante.

- Le goût de la nature. La montagne, et en particulier la haute-montagne, est peut-être le dernier milieu préservé (protégé ?) des assauts de l'homme, sous nos latitudes. On peut encore y trouver des espaces déserts, souvent très proches de lieux très fréquentés. Les goûts chez moi de l'observation de la faune - d'oiseaux en particulier - et de la contemplation de paysages exceptionnels, ont trouvé en montagne le milieu idéal pour être assouvis.

Vivre en montagne :

J'ai commencé à grimper sur les falaises autour de Dijon à 16 ans, avec comme icône Jean Marc Boivin. Grâce à de solides amitiés, et des parents conciliants, les séjours en falaise puis en montagne sont devenus très vite fréquents, voire même question d'équilibre!

Les Dolomites en 1989 furent une révélation : l'engagement de grands itinéraires sans équipement, la découverte de la force morale d'une cordée, et de règles basiques qui régissent un environnement où la sanction est totale, mais où la liberté prend un véritable sens, difficile à trouver ailleurs.

Après avoir poursuivi diverses études (obtention d'un DUT Mesures Physiques en 91, puis d'un DEUG Musicologie), j'ai finalement décidé de m'installer en Haute-Savoie en 1994. D'abord objecteur de conscience, puis vivant de petits boulots (vendeur, manœuvre, vendangeur, ski-man...), j'orientais chaque moment de loisir vers la montagne. Après Annecy, je me suis rapproché du massif du Mont-Blanc, à Cordon puis à Saint-Gervais ; j'exerçais alors le métier de vendeur au Vieux Campeur de Sallanches, où j'ai rencontré un certain nombre de copains grimpeurs ou alpinistes, et de nombreux guides de haute-montagne.

En préparant le diplôme de guide, je ne savais pas si je pourrais en vivre, je voulais juste me donner une chance d'être au maximum en montagne. Je suis maintenant persuadé que je ferai ce métier tant que ma santé le permettra, animé par l'envie de communiquer à mes clients cette passion qui me donne tant de joies.

Mon parcours comme professionnel de la montagne :

Après avoir participé à l'administration et développement de plusieurs structures de guides de montagne pendant mes vingt premières années de pratique professionnelle, je goûte de nouveau de plus en plus souvent à la souplesse de l'encadrement indépendant qui permet une adaptation rapide parfois prépondérante pour certaines de nos décisions.
Les structures ont l'intérêt de cadrer notre pratique et d'offrir - dans la mesure où les adhérents le souhaitent - une entraide et une force collective. Rien n'empêche de retrouver ces avantages à travers un réseau étroit de collègues proches sans forcément structurer une identité commune.

Vie personnelle et familiale

Marié depuis 2005, papa d'un garçon depuis 2002, Maxime, et beau-père de 2 enfants eux-mêmes parents, Kim et Toni, nous nous sommes installés à Magland (74) depuis quelques années (tous les enfants vivent et travaillent désormais à Paris). C'est un choix avec mon épouse de vivre certes au coeur des montagnes, mais sans subir la frénésie d'une station de ski: Magland est un gros village tourné plutôt vers l'industrie (décolletage), mais idéalement placé entre Aravis, Fiz, Chablais et Mont-Blanc.

Mon épouse Bénédicte a exercé pendant 15 ans la profession d'ATSEM (assistante en école maternelle) à Chamonix, elle exerce actuellement cet emploi à la mairie de Magland.